October 9, 2010

« Toute libération implique qu’on prend conscience de la servitude. »

« Les controles sociaux y font naitre le besoin irrésistible de produire et de consommer le superflu, le besoin d’un travail abrutissant qui n’est plus vraiment nécessaire, le besoin de formes de loisir qui flattent et prolongent cet abrutissement, le besoin de maintenir des libertés décevantes telles que la liberté de concurrence de prix préalablement arrangés, la liberté d’une presse qui se censure elle-meme, la liberté enfin de choisir entre des marques et des gadgets.Réglementée par un ensemble répressif, la liberté peut devenir un instrument de domination puissant. »

« Si l’ouvrier et son patron regardent le meme programme de télévision, si la sécretaire s’habille aussi bien que la fille de son employeur, si le Noir possède une Cadillac, s’ils lisent tous le meme journal, cette assimilation n’indique pas la disparition des classes. Elle indique au contraire à quel point les classes dominées participent aux besoins et aux satisfactions qui garantissent le maintien des classes dirigeantes. »

« L’instauration d’une pareille réalité unidimensionnelle ne signifie pas que le matérialisme règne et que les préoccupations spirituelles, métaphysiques et que les activités bohèmes ont disparu. Au contraire, il y a toujours beaucoup de “Prions ensemble cette semaine”, de “Pourquoi ne pas essayer Dieu?”, de Zen, d'”existentialisme”, des manières de vivre “beat”. Mais ces formes de protestation et de trascendance n’entrent plus désormais en contradiction avec le statu quo, elles ne sont plus négatives. Elles constituent plutot la partie cérémonielle d’un béhaviorisme pratique, sa négation inoffensive, elles sont rapidement assimilées par le statu quo, elles font partie de son régime de santé. »

~ “L’homme unidimensionnel”, Herbert Marcuse.

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