Archive for December, 2010

The question

December 23, 2010

« I know why you’re here. I know what you’ve been doing… why you hardly sleep, why you live alone, and why night after night, you sit by your computer. You’re looking for him. I know because I was once looking for the same thing. And when he found me, he told me I wasn’t really looking for him. I was looking for an answer. It’s the question that drives us. It’s the question that brought you here. You know the question, just as I did. »

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December 22, 2010

« This is a region in which mathematical truth has no discernible structure or pattern and appears to be completely random […] Quantum physics has shown that there is randomness in nature. I believe that we have demonstrated […] that randomness is already present in pure mathematics. This does not mean that the universe and mathematics are completely lawless, it means that laws of a different kind apply: statistical laws. […] Perhaps number theory should be pursued more openly in the spirit of an experimental science! » ~ Gregory Chaitin

December 22, 2010

« The idea that it is efficient to assign the shortest codes to the most frequent signals was known long before Shannon defined its mathematical basis in 1948. With the invention of bookprinting in the 15th century typefounders directly made the empirical discovery that they needed more e’s than z’s in a font. » ~ “Philosophy of information, concepts and history”, Pieter Adriaans.

December 20, 2010

« Mathematics, rightly  viewed,  possesses  not  only  truth,  but  supreme  beauty  cold  and austere, like that of  sculpture, without appeal to any part of  our weaker nature, without the gorgeous trappings of  painting or music, yet sublimely pure, and capable of  a stern perfection  such  as  only  the  greatest  art  can  show.  The  true  spirit  of  delight,  the exaltation,  the  sense of  being more  than Man,  which is  the  touchstone of  the  highest excellence, is to be found in mathematics as surely as in poetry. » ~ “Study of Mathematics”, Bertrand Russell.

December 20, 2010

« I have tried, with little success, to get some of my friends to understand my amazement that the abstraction of integers for counting is both possible and useful. Is it not remarkable that 6 sheep plus 7 sheep make 13 sheep; that 6 stones plus 7 stones make 13 stones? Is it not a miracle that the universe is so constructed that such a simple abstraction as a number is possible? To me this is one of the strongest examples of the unreasonable effectiveness of mathematics. Indeed, I find it both strange and unexplainable. » ~ “Coding and information theory”, R.W. Hamming.

Le mythe des objets physiques

December 20, 2010

« “La théorie de la relativité […] n’a jamais cessé de tenter d’attribuer des propriétés à la matière” […] Mais “souvent une quantité mesurable n’est pas la propriété d’une chose, mais une propriété de sa relation aux autres choses… La plupart des mensurations en physique ne concernent pas directement les choses qui nous intéressent, mais une certaine espèce de projection, le mot étant pris dans le sens le plus large possible”. » ~ “The validation of scientific theories”, Philipp, Frank (ed.), 1954.

« Ce que nous établissons mathématiquement ne constitue que pour une faible part un “fait objectif”, pour la plus grande part il s’agit d’un examen général des possibilités. » ~ “Uber den begriff’ abgesclossene teorie”, W. Heisenberg.

« Quine parle du “mythe des objets physiques”, il dit que “d’un point de vue épistémologique, les objets physiques et les dieux [d’Homère] ne diffèrent qu’en degré et non en substance”. Mais le mythe des objets physiques est épistémologiquement le plus parfait, “parce qu’il s’est montré plus efficace que les autres mythes en tant que schème qui a introduit une structure que l’on peut traiter, dans le flux de l’expérience”. » ~ “L’homme unidimensionnel”, H. Marcuse.

Une réalité d’idées

December 20, 2010

« Paradoxalement si on n’accorde plus au monde objectif que des qualités quantitatives, il devient, quant à son objectivité, de plus en plus dépendant du sujet qui l’appréhende. Ce long processus commence avec l’algébrisation de la géométrie qui remplace les figures géométriques “visibles” par des opérations purement mentales. Il trouve sa forme extrême dans quelques conceptions de la philosophie scientifique contemporaine pour lesquelles tout problème de science physique tend à se confondre avec des relations mathématiques ou logiques. La notion même d’une substance objective qui s’oppose au sujet semble se désagréger. En partant de directions très différentes, les savants et les philosophes de la science font les mêmes hypothèses selon lesquelles ils se refusent à admettre l’existence des “entités”. Par exemple, la physique “ne mesure pas les qualités objectives du monde extérieur, matériel — ces qualités ne sont rien d’autre que les résultats qu’obtient l’exécution des opérations”. Les objects n’existent plus que comme des “intermédiaires commodes”, des “postulats culturels” périmés. L’épaisseur et l’opacité des choses n’apparaisent plus: le monde objectif n’est plus un monde d’objets en opposition avec le sujet qui l’appréhende. Privée de son interprétation en termes de métaphysique platonicienne et pythagoricienne, la nature est une nature mathématisée, la réalité scientifique semble être une réalité d’idées. » ~ “L’homme unidimensionnel”, H. Marcuse.

Le discours clos

December 20, 2010

« Unifier des termes opposés comme le fait le style commercial et politique, c’est un des nombreux moyens qu’empruntent le discours et la communication pour se rendre imperméables à l’expression de la protestation et du refus. Comment la protestation et le refus peuvent-ils trouver le mot juste quand les organes de l’ordre établi admettent et publient que la paix doit toujours se trouver à la limite de la guerre, que les armes atomiques sont d’un prix avantageux, que les abris peuvent être confrotables? En faisant de ses contradictions le critère de sa vérité, cet univers de discours se ferme à tout autre discours qui n’emprunte pas ses termes. Et, par son aptitude à assimiler tous les autres termes aux siens, il offre la possibilité de combiner la plus grande tolérance avec la plus grande unité. Néanmoins c’est un langage qui témoigne du caractère répressif de cette unité. Il impose à celui qui le reçoit, des constructions où le sens est réduit et détourné, où le contenu est bloqué, il force à accepter ce qu’il offre sous la forme où il l’offre. L’usage des prédicats analytiques constitue une construction répressive de cette sorte. Le fait que le nom spécifique soit presque toujours accouplé aux mêmes adjectifs, aux mêmes attributs “explicatifs”, transforme la phrase en une formule hypnotique qui, répétée sans fin, fixe le sens dans l’esprit de celui qui la reçoit. D’autres significations du mot, essentiellement différentes (et peut-être vraies), ne lui viennent pas à l’esprit. » ~ “L’homme unidimensionnel”, H. Marcuse.

Solitude

December 20, 2010

« La solitude, la condition même qui fortifie l’individu contre la société, est devenue techniquement impossible. » ~ “L’homme unidimensionnel”, H. Marcuse.

Poésie moderne

December 19, 2010

« La Nature y devient un discontinu d’objets solitaires et terribles, parce qu’ils n’ont que des liaisons virtuelles; personne ne choisit pour eux un sens privilégié ou un emploi ou un service, personne ne les réduit à la signification d’un comportement mental ou d’une intention, c’est-à-dire finalement d’une tendresse… Ces mots-objets sans liaison, parés de toutes la violence de leur éclatement… ces mots poétiques excluents les hommes; il n’y a pas d’humanisme poétique de la modernité: ce discours debout est un discours plein de terreur, c’est-à-dire qu’il met l’homme en liaison non pas ave les autres hommes, mais avec les images les plus inhumaines de la Nature: le ciel, l’enfer, le sacré, l’enfance, la folie, la matière pure, etc. » ~ “Le degré zéro de l’écriture”, Roland Barthes.